Lire des histoires à son enfant : pourquoi c'est l'un des gestes les plus importants que vous puissiez faire
15 June 26 à 06:06
Lire des histoires à son enfant : pourquoi c'est l'un des gestes les plus importants que vous puissiez faire
Vous lui lisez une histoire le soir, et vous vous demandez si ça « sert » vraiment — surtout depuis qu'il commence à déchiffrer tout seul. Les réponses des neurosciences et de plusieurs grandes études menées sur des dizaines de milliers d'enfants sont claires : oui, lire des histoires à son enfant est l'une des activités les plus puissantes pour son développement.
Ce que dit la recherche sur la lecture partagée
Maryanne Wolf, professeure de développement de l'enfant et de neurosciences cognitives aux États-Unis, décrit la lecture partagée comme une double expérience unique : l'enfant y entend à la fois la langue écrite et ressent un sentiment d'amour. Selon elle, ces deux activités réunies constituent « les meilleures fondations de ce long apprentissage qu'aucun spécialiste des sciences cognitives ou de l'éducation ne peut mettre en oeuvre ».
Une méta-analyse publiée dans le Psychological Bulletin en 2011 par Suzanne Mol et Adriana Bus (Université de Leiden, Pays-Bas) a recensé les effets de la lecture partagée entre 2 et 6 ans : corrélations positives avec le niveau de langage oral, l'étendue du vocabulaire et le niveau atteint ensuite en lecture. Une méta-analyse antérieure (Bus et al., 1995) avait déjà montré que 64 % des enfants bénéficiant régulièrement de lecture partagée comptaient parmi les meilleurs lecteurs à l'école, contre 36 % pour les autres.
Sources : Mol & Bus, Psychological Bulletin, 2011 ; Bus et al., Review of Educational Research, 1995 ; Frédéric Bernard, « Lire des histoires aux enfants, pourquoi c'est important », The Conversation.
Pourquoi les livres apportent ce que la TV ne peut pas donner
Les livres pour enfants contiennent trois fois plus de mots peu fréquents que les contenus télévisés ou les conversations ordinaires (Hayes & Ahrens, Journal of Child Language, 1988). Des mots comme « elfe » ou des expressions comme « il était une fois » familiarisent l'enfant tôt avec la « langue des livres ». C'est pourquoi instaurer une habitude de lecture partagée avant 2 ans est particulièrement recommandé.
La spirale vertueuse : comment le goût pour la lecture se construit
Une étude néerlandaise menée sur plus de 11 000 jumeaux (van Bergen et al., Journal of Child Psychology and Psychiatry, 2017) montre que ce sont les capacités de lecture qui déterminent le goût pour la lecture, et non l'inverse. Les chercheurs Fletcher & Reese (2005) ont nommé ce phénomène la « causalité spirale » : la lecture partagée stimule les capacités de langage et de lecture, qui à leur tour stimulent le goût pour la lecture.
4 conseils pour bien commencer (ou continuer)
- Commencez avant 2 ans. L'impact sur le langage est maximal pendant les premières années.
- Variez les histoires. Chaque livre apporte des mots nouveaux et élargit le capital linguistique.
- Ne vous arrêtez pas quand il sait lire seul. La lecture partagée continue d'agir bien après le CP.
- Faites-en un moment chaleureux, pas une leçon. C'est la combinaison de la langue et du lien affectif qui rend ce rituel si puissant.
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Composer la BookiBox de mon enfant Découvrir les formulesEn résumé : lire des histoires à son enfant, ce n'est pas juste un joli rituel. C'est construire, soir après soir, les fondations de son rapport aux mots, aux livres et à l'apprentissage.






















